Adhésion à la Métropole du Grand Paris et dissolution de l’Agglomération : encore des effets d’annonces !

G. Mothron, mécontent que la Gauche soit restée majoritaire sur le territoire de l’Agglomération, cherche par tous les moyens à évincer Philippe Doucet, élu démocratiquement. Plutôt que d’examiner les perspectives qui s’offrent à nous pour l’avenir de notre territoire, il s’enferme dans sa rancoeur et ne songe qu’à dissoudre l’Agglomération aux fins de destituer son Président.

Pourtant, l’adhésion à la Métropole du Grand Paris demande concertation et réflexion compte tenu des conséquences et des enjeux pour notre territoire ! La dissolution de l’agglomération ne peut être décidée unilatéralement et sans adhérer à une autre agglomération. Mais en la matière, il semble que M. Mothron, malgré ses nombreuses démarches, n’ait pas trouvé de porte de sortie…

Pour rétablir la vérité et prendre de la hauteur dans ce débat, voici ci-après l’intervention de Philippe Doucet au conseil municipal du 18 juillet sur l’adhésion à la Métropole du Grand Paris et sur l’éventualité d’une dissolution de l’agglomération Argenteuil-Bezons :

Chèr(e)s collègues,

Mesdames, Messieurs,

Depuis plus de trois mois, Monsieur Mothron, vous ne cessez de clamer que vous souhaitez la dissolution de l’agglomération Argenteuil-Bezons. Depuis plus de trois mois, vous nous gratifiez d’une frénésie de possibilités. Chaque semaine apporte sa nouvelle « solution » pour faire disparaître l’agglomération Argenteuil-Bezons : Argenteuil irait dans la communauté d’agglomération du Parisis, Argenteuil irait dans la communauté de communes des Boucles de la Seine située dans les Yvelines, Argenteuil irait dans la Métropole du Grand Paris… De quoi donner le tournis ! D’autant qu’aucun travail d’analyse sérieux n’a été effectué au préalable pour savoir où se situait l’intérêt d’Argenteuil. Quel était le meilleur moyen d’assurer son attractivité et son développement à l’avenir ? Des questions que vous ne semblez pas vous poser et pour cause : vous ne cachez pas vos motivations, vous reconnaissez volontiers que, si vous voulez si fort dissoudre l’agglomération Argenteuil- Bezons, c’est parce que vous n’en avez pas été élu président !

Vous n’aviez d’ailleurs jamais évoqué la nécessité de faire disparaître l’agglomération durant votre campagne puisque vous pensiez que la confiance, même restreinte, des habitants d’Argenteuil à l’échelle municipale, signifiait automatiquement celle des habitants du territoire Argenteuil-Bezons et donc la présidence de l’agglomération. Vous aviez manifestement oublié les termes de la loi de 2010 que vous aviez vous-même voté en tant que député.

A ce titre, vous avez choisi – sans aucune concertation avec les habitants d’Argenteuil et de Bezons, pourtant les premiers concernés – de faire voter ce soir l’adhésion d’Argenteuil à la Métropole du Grand Paris.

Par cette adhésion pour convenances politiciennes, vous évitez volontairement le débat sur le fond. Qu’Argenteuil s’interroge sur l’intérêt d’entrer dans la Métropole du Grand Paris, quoi de plus normal ? Nous ne sommes pas a priori contre cette démarche. J’y ai d’ailleurs travaillé en tant que député. Mais cela doit se faire sur la base d’un débat démocratique avec les habitants. D’une réflexion collective sur les avantages et les inconvénients, sur les risques et les opportunités, à court et à moyen terme. Or, ce soir vous êtes incapable de nous présenter cela.

La délibération et la note de synthèse l’accompagnant ne font en rien référence à une quelconque analyse stratégique. Et, évidemment, elles ne résultent pas plus d’une large concertation démocratique. Preuve en est, vous faites adopter cela en plein cœur de l’été, alors que le calendrier vous permettait de le faire jusqu’à fin septembre, voire même au-delà puisqu’un amendement a été déposé à l’Assemblée Nationale pour reporter jusqu’au 15 novembre 2014 cette possibilité de choix.

Pour des raisons purement politiciennes qui ne sont pas à la hauteur des enjeux, vous imposez à Argenteuil de faire un grand saut dans l’inconnu.

Qu’en sera-t-il demain de l’office HLM Argenteuil-Bezons Habitat ? Qu’en sera-t-il demain du syndicat Azur ? Vont-ils disparaître eux aussi ?

Qu’en sera-t-il demain des compétences, des personnels et des dettes liées à des politiques publiques, si le futur conseil des territoires ne veut pas les reprendre ? Pouvez-vous nous dire ce soir que Colombes, qui a sous-traité sa propreté à une entreprise privée, a envie de mettre – dans le futur conseil des territoires de la Boucle Nord de la Seine auquel pourrait appartenir Argenteuil – cette compétence en commun ? Car si ce n’est pas le cas, c’est le retour à la ville : de la compétence, du personnel et des emprunts liés à l’achat de matériel. A moins que vous n’en profitiez pour privatiser la collecte des ordures ménagères.

Argenteuil-Bezons, c’est une agglomération très intégrée avec beaucoup de compétences. Or, une agglomération, selon son degré d’intégration, n’est pas égale à une autre agglomération. Et encore moins à un conseil des territoires, surtout lorsque l’on sait que le futur conseil de territoire de la Boucle Nord ne part de rien, puisqu’en 6 ans Colombes, Gennevilliers, Asnières – les villes qui le composent – n’ont pas été capables de monter une agglomération, car ils n’avaient certainement pas envie de mettre beaucoup de choses en commun.

La dissolution de l’agglomération, c’est finalement une situation qui se résume à l’image suivante : Georges Mothron qui se promène avec une valise de 80 M€ de dette et qui espère que quelqu’un va la lui prendre. Ce soir, vous êtes incapable de nous dire si quelqu’un va la prendre.

Ce soir, nous vivons un moment important dans la vie de notre commune : pour des raisons politiciennes qui ne sont en rien à la hauteur des enjeux, vous nous présentez une délibération qui va engager Argenteuil pour les 30 à 50 prochaines années, sans en avoir mesuré les risques et les moyens d’y répondre.

Quant à la dissolution de l’agglomération dès 2015, comme vous l’évoquez, c’est votre lettre au Père Noël en juillet ! Votre méconnaissance des règles de procédure en cours est stupéfiante. Il n’y aura pas de création d’agglomération au sein de la Métropole du Grand Paris d’ici son installation au 1er janvier 2016 ou, plus certainement, au 1er janvier 2017, comme la majorité des membres de Paris Métropole le demande. L’objectif de la Métropole, c’est justement de supprimer les départements et les agglomérations. Quant au contenu définitif de la Métropole et des conseils de territoires au sein de la Métropole, le Parlement en sera saisi dans le cadre de la loi Lebranchu II qui sera examinée d’octobre 2014 à mars 2015. Nous n’aurons, vraisemblablement, aucune certitude à ce sujet avant l’été 2015. Je vous le rappelle encore une fois, vous n’êtes pas au-dessus de la loi !

Votre seul objectif, nous l’avons tous compris, c’est la dissolution de l’agglomération. Finalement, vous allez peut-être devoir encore attendre plus de deux ans et demi… Et pendant ce temps là, les Argenteuillais comme les Bezonnais pourront compter sur la qualité du service public assuré par des agents communautaires volontaires. Ils pourront compter sur la responsabilité politique d’élus communautaires engagés à leur service et au service de l’intérêt du territoire.

Ainsi, pour toutes ces raisons :

– l’absence de débat démocratique avec les habitants,

– l’absence de vision stratégique pour le territoire,

– l’absence de réflexion sur le devenir des agents,

– l’absence d’analyse avantage/inconvénient, risque/opportunité,

– et parce que nous refusons ce saut dans l’inconnu, sans parachute,

nous voterons CONTRE cette délibération et nous continuerons de défendre, ici et ailleurs, les intérêts des Argenteuillais et des Bezonnais.

Je vous remercie.

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