Nouvelle augmentation des tarifs de restauration par le Département : + 25% !

La politique départementale en direction des collégiens et hélas la même que celle de la ville d’Argenteuil envers les écoliers en ce qui concerne les tarifs de restauration. En effet, lors du vote du budget 2015, la majorité départementale a voté, parmi d’autres mesures d’austérité, une augmentation de +26 % des tarifs de restauration dans les collèges. La troisième augmentation depuis 2011 ! Retrouvez mon intervention lors de l’assemblée départementale ci-après.

« Je souhaiterais saluer tout d’abord la transparence dont vous faites preuve aujourd’hui à travers cette délibération pour expliquer les coupes sombres ou les coupes claires que vous souhaitez mettre en œuvre pour 2015-2016 et, bien sûr, les années d’après. On ne peut effectivement pas vous taxer de tourner autour du pot, de pratiquer la langue de bois ou de cacher vos intentions. Cela rend les choses parfaitement lisibles et nous trouvons sincèrement que c’est appréciable.

Cette transparence, si elle vous honore, ne saurait cependant, faire oublier le contenu de cette délibération. Les sujets sont nombreux dans cette délibération et je m’exprimerai essentiellement sur la question des collégiens. Il y a quelque temps, durant la campagne des élections départementales, vous exprimiez une volonté de priorité en direction de la jeunesse et des collèges. Aujourd’hui, avec cette délibération, j’avoue que nous avons du mal à voir ces priorités.

Aujourd’hui, on nous annonce trois choses :

  • Moins 300 000€ sur les actions éducatives en direction des collégiens, qui représentent une baisse extrêmement importante. Nous estimons que lorsque l’on donne à la jeunesse et aux collégiens de grandes priorités, il s’agit tout d’abord de maintenir des actions éducatives structurantes et épanouissantes en leur direction. Ce ne sera malheureusement pas le cas à partir de 2016.

 

  • Ensuite, vous évoquez la récupération des fonds de roulement au niveau des collèges en imposant une règle de quatre mois maximum pour que les collèges puissent thésauriser. Nous avons envie de dire : pourquoi pas ? À condition de ne pas oublier que cet argent, bien souvent, peut être utilisé à des projets qui nécessitent des masses d’argent assez conséquentes. Il nous semblerait judicieux de regarder les situations au cas par cas sans avoir une règle absolue qui tombe comme un couperet pour tous les établissements, sachant qu’il y a des établissements « bons élèves » et d’autres qui le sont un peu moins en la matière.

 

  • Le troisième volet, et non des moindres, concerne la tarification Rest’ O collèges.

C’est un des points d’orgue de cette délibération qui nous inquiète particulièrement. En effet, vous prévoyez d’augmenter de 25 centimes à 1,05 € le prix des repas en fonction de la tranche de quotient familial. Cela porte le coût du repas entre 1,20 € et 5,05 €. Cela ne représente pas moins que 25 à 27 % d’augmentation en fonction des tranches de quotient familial. Pour nous, il s’agit là d’une hausse démesurée qu’un certain nombre de familles ne vont pas pouvoir assumer. C’est une hausse qui s’ajoute, d’autre part, à celles qui ont déjà été votées depuis votre arrivée, en 2011. À la base rappelons-le, le dispositif Rest’ O collèges, qui fixait des tarifs très intéressants, car très bas, variant de 0,85 € à 2,06 €, avait vocation à inciter les collégiens à rester à la cantine le midi pour toutes sortes de raisons que nous connaissons tous.

Aujourd’hui, on augmente encore ces tarifs-là. Depuis 2011, si nous considérons les tarifs d’aujourd’hui, ce sont des augmentations, de 10 % à 50 % en fonction de la tranche, qui ont été orchestrées. Avec ces augmentations supplémentaires, nous arrivons à une augmentation entre 40 % et jusqu’à presque 100 % du tarif par rapport au tarif original de la restauration, à la naissance du dispositif Rest’ O collèges. Au-delà de ces augmentations, qui sont extrêmement importantes – en seulement quatre ans nous arrivons à entre 50 et 100 % d’augmentation –, vous proposez également de modifier le calcul du quotient familial aujourd’hui utilisé par le Département en l’alignant sur le calcul réalisé par la CAF.

Finalement, ce calcul intégrerait les prestations familiales mensuelles touchées par les familles. L’effet pervers de ceci, au-delà comme vous l’évoquez – mais nous pensons qu’il ne s’agit pas de la première raison – de simplifier la vie des familles et la tâche des services du Conseil départemental, on va translater vers des tranches plus élevées le quotient familial d’un certain nombre de familles. Un certain nombre de familles vont passer d’une tranche à une autre, supérieure, bien entendu. C’est ce que nous avons envie de qualifier de double peine : une augmentation de tarif conséquente pour toutes les familles et, pour certaines, une augmentation suivie d’un passage à la tranche supérieure elle-même suivie, par conséquent, d’une nouvelle augmentation encore bien plus importante.

Je me permettrai, afin d’illustrer mes propos, un petit exemple très court. Prenons l’exemple d’un couple avec deux enfants dont l’un est scolarisé en primaire et l’autre au collège avec un revenu imposable tournant autour de 35 000 € – relativement modeste, par conséquent – et qui perçoit 129 € par mois d’allocations familiales. Avec le mode de calcul actuel, cette famille se trouverait dans la tranche n° 4 et subirait déjà une augmentation de 26 % de son tarif de restauration. Avec le mode de calcul que vous proposez, identique à celui de la CAF, cette famille se trouverait au niveau 5 et verrait son tarif de cantine passer de 2,7 € à 4,25 €, soit une augmentation de près de 60 %. C’est vraiment la double peine. Cela représente dans le premier cas, avec les tarifs actuels et l’ancien mode de calcul, une augmentation d’environ 100 € supplémentaires par an sur, à peu près 400 € annuels, et avec ce nouveau mode de calcul nous arriverions presque à 250 €. Cela représenterait deux fois l’augmentation déjà subie sans le changement de quotient familial.

Par ailleurs, vous estimez à 3,4 M€ les recettes qui pourraient être générées par ces augmentations de tarifs. En refaisant le calcul – peut-être me suis-je trompé –, je pense que vous n’intégrez pas ce phénomène de changement de quotient familial pour les familles en fonction du changement de mode calcul. Ces recettes sont peut-être largement sous-estimées par rapport à la réalité de ce qu’elles seront dans le futur.

Pour conclure, avec ces nouvelles mesures, le dispositif Rest’ O collèges garde le même nom que précédemment, mais il est totalement vidé de sa substance. Il n’est plus aujourd’hui du tout incitatif à manger à la cantine. Bien au contraire, l’effet inverse va se produire, avec une baisse de fréquentation des cantines scolaires, c’est-à-dire tout l’opposé de ce qui était visé en 2009, lors de sa mise place. C’est, bien sûr, l’un des points pour lesquels nous voterons contre les délibérations que vous nous proposez aujourd’hui. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*